Pepper

Cheval de Skyros – Jument •
Née en 2011 à Corfu, au sein de l’élevage du Silva Project.

Mère : Sophia
Père : Vangelis

Pepper… Pas la plus simple, l’histoire de Pepper. Déjà, lorsqu’on l’a vue sur photo, on a pas sauté au plafond tout de suite. Je vous laisse juger par vous-même.

Au vu de la crinière, on suspectait une dermite ou au moins une certaine sensibilité, ce qui ne nous enchantait pas des masses. Mais Rachel, de l’élevage de Corfu, nous vantait sa gentillesse et j’avoue qu’on rêvait quand même de ramener au moins un cheval noir (qui est une des robes autorisées dans le Cheval de Skyros). Et puis, en regardant sa généalogie, on s’est rendues compte qu’elle était la propre sœur de Viktor, un entier que j’ai eu la chance de connaître à Skyros, qui est considéré comme un père de race (un sacré reproducteur) et qui a fait de magnifiques poulains. Alors on a décidé de l’emmener avec nous.

Pour les mêmes raisons que Pandora, il nous fallait maintenant trouver un acheteur pour Pepper (vous pouvez retrouver toutes les explications ici https://skyros.bouillondeponey.com/pandora/) et c’est Marie-Noël qui nous a contacté. Marie-Noël, c’était déjà un des anges gardiens de Bouillon de Poney (vous pourrez découvrir ça dans l’histoire d’Achille et Orion bientôt). Et à nouveau, elle a voulu nous aider en devenant la propriétaire de Pepper.

Pepper est donc arrivée en France, dans le Trièves, le 11 mars 2017, en compagnie de Pandora, Eole et Echo. Si Pandora était pleine jusqu’au cou, Pepper, elle, devait en être au début de sa gestation. On attendait un poulain pour l’automne. Mais rien n’est venu… Son ventre continuait à s’arrondir quand même, alors on a continué à surveiller, en faisant quelques calculs qui rendaient l’arrivée d’un poulain de moins en moins probable. Pepper étant arrivée en France le 11 mars, et la gestation d’un poulain durant 11 mois, tout ça devenait bien étrange. Mais Iota a fini par pointer le bout de son nez le 24 février 2018, après une grosse semaine de neige et de gel, alors que sa mère nous déclenchait une horrible gale, bref, le bonheur. En discutant avec l’éleveuse, elle nous a expliqué que, n’étant pas sûre que Pepper soit pleine, elle l’avait remise avec Angel, l’entier, quelques jours avant son départ. Saillie la veille du voyage, plus une longue gestation de primipare et le fait qu’elle ait attendu la fin de la vague de froid pour mettre bas, nos calculs rentraient dans l’ordre !

Suite à ça, Pepper et Iota sont partis faire un tour dans l’Ain, chez l’une de leurs nombreuses familles d’accueil. Je vous l’ai dit, l’histoire de Pepper n’est pas simple et ses premières années en France ont été rythmées par quelques déménagements. La principale raison, c’est qu’on ne pouvait pas la garder avec nous parce qu’on avait les deux entiers à gérer et une pension à payer, ce qui est compliqué financièrement pour une petite association comme la nôtre. Marie-Noël, pour des raisons personnelles, ne pouvait l’accueillir non plus. Mais par chance, Gaëlle cherchait un compagnon pour son cheval et elle a offert plus de temps et d’amour à Pepper que je n’aurais jamais pu espérer.

Après le sevrage de Iota, Pepper a donc repris du poil de la bête, elle a retrouvé un joli noir brillant et elle a commencé à s’arrondir sérieusement, cette fois pas à cause d’un poulain mais plutôt de l’herbe riche des prairies d’Ain. Sa relation avec Tonkin, le cheval de Gaëlle, s’est un peu détériorée, et on a vu un gros changement dans son comportement et sa santé. On a donc fait le choix de la ramener dans le Trièves, où l’herbe est moins riche (et surtout complètement absente quatre mois de l’année !)

La situation de l’association ayant changé entre temps, il était beaucoup plus simple pour nous l’accueillir. Elle a rejoint Eole et sa chère amie Pandora en avril 2019.

Pepper était en sacré surpoids quand elle est arrivée. Elle était fragile et avec son stress chronique, elle nous a fait quelques suées niveau santé et il a fallu mettre en place un régime sérieux. Avec l’aide précieuse des mes collègues du Collectif, notamment en shiatsu (merci Mylène), on a quand même vu une nette amélioration. Elle s’est apaisée, et surtout, elle qui était si introvertie, s’est ouverte.

Depuis 2019, Pepper vit avec nous. En 2020, elle a donné naissance à la jolie Kosmo, notre première et tant attendue pouliche, pour notre plus grand bonheur. Puis il a fallu faire un choix difficile : la laisser avec Eole, qu’elle affectionne tout particulièrement, et prendre le risque qu’elle soit saillie à nouveau, ou lui imposer encore un changement de troupeau et s’asseoir sur tous les progrès qu’elle a fait en deux ans ? Et dans ce cas, que faire d’Eole, lui demander de passer encore une année seul ? Plutôt que de faire deux malheureux, on a décidé de les laisser ensemble. Comme prévu, Pepper a été saillie à nouveau et a donné naissance à Litho en avril 2021. Entre-temps, Eole a été castré et ils ont donc pu rester ensemble cette année encore.

Depuis ce printemps, la santé de Pepper s’améliore. Elle est encore un peu plus fragile que les autres, on la sent moins rustique et elle est plus complémentée, mais elle va bien et elle gère beaucoup mieux ses petites crises passagères. Dans un monde idéal, on arrêterait complètement la reproduction avec elle, parce qu’on sent bien que ça lui pèse. Mais dans un monde où il ne reste que 200 Chevaux de Skyros au monde, dont seulement trois juments en France, on ne sait pas si on peut vraiment se le permettre. Ce qui est sur, c’est qu’elle ne sera pas saillie l’année prochaine, et qu’elle va rester avec Eole jusqu’au printemps 2023 minimum. Ensuite, il faudra prendre à nouveau des décisions. En attendant, on profite de sa douceur hors norme !